Fumiers.
D’abord, ils sont comiques. Dans leur bel uniforme bleuté il me voit arriver avec ma dégaine de cowboys de supermarché, les cheveux énervés et la mine déconfite, fripée sous les aisselles (comprenne qui pourra), et ils osent me demander, quand je tends ma carte d’embarquement tout aussi chiffonnée que ma gueule : « Vous avez une carte gold ? » Sans déconner, j’ai une tronche avoir une gold ? Déjà que dans le train pour venir jusqu’à la capitale, on a osé me demander si j’étais le chanteur des Blaireaux… Encore que je fais plus blaireaux que gold. Bref. Si j’accuse l’ancienne entreprise de service public de m’avoir odieusement volé le sommeil que j’avais prévu de récupérer dans l’avion, c’est qu’ils m’ont fait entrer dans leur tout nouveau Boeing. Leur fierté sur cette nouveauté en devenait d’ailleurs inquiétante. Ils n’ont eu de cesse (j’aime cette formulation) de l’asséner au micro, à tel point que j’ai cru qu’il s’agissait du premier vol de la bête. Toujours est-il que ce bel oiseau est suréquipé. Chaque petit passager, qu’il soit gold ou non, dispose d’un petit écran privatif, doté d’une offre qui invite à ne pas dormir : 80 vidéos parmi lesquels des films récents et mêmes des séries. Exemple pris au hasard : Les Experts saison 1 et 2… Mais ce n’est pas tout ! 200 CD disponibles en écoute ! Exemple pris au hasard : Depeche Mode, le best-off… Ca fait deux fois en 12 heures que je vois cet album de mes yeux vus. Par contre, faute de goût, pas de Noir Désir… Bref. Comment se laisser sombrer dans un sommeil réparateur avec tout ça… Du coup je me suis laissé aller à regarder « Les Simpsons », le film… J’ai rit, beaucoup. Jamais je n’avais fait voyage aussi chic. Même la bouffe ! Excellente ! Enfin sur le papier : « Riz aux aubergines… Tarte aux noix de pécan sauce vanille… » En vrai c’est pas bon.
J’ai fini quand même par tester la petite pochette cadeau comprenant un joli cache yeux et deux bouchons d’oreille très efficace.
Réveillé par les turbulences qui font se retourner les tripes, j’ai entamé le visionnage de « Ratatouille » me livrant ainsi à une frustration violente puisque je n’ai pas eu le temps de voir la fin…
Ceci dit, Air France pêche quand même sur certains points : servir le café au moment des turbulences, faut être stupides. Sans parler de ce bébé qui pleure, insupportables les bébés qui pleurent…….
Pas le temps de m’étaler plus que ça, je post
ce petit récit à quelques heures de 2008 pour vous… Paraît qu’il est d’usage de
la souhaiter bonne. Alors BONNE ANNEE à vous qui lisez ce petit post
québécois. :)
Me jeter à ses pieds pour y goûter la fleur,
Des boulets séculaires encore chauds de douleur,
De la peau lacérée des histoires à traîner,
Et la vie qui pousse là, même à peine coloriée.
Tremper à nouveau ma plume dans cet encrier,
Là encore sur cette page où j’ai tant crié,
De cette encre aussi noire qu’une étoile,
De mes mots en cercueil y greffer des voiles.
Si ces mots parasites émergés du sommeil,
Résistent à la nuit et au jour qui s’éveille,
Alors je les dessinerai ici sans fierté ni honte,
Qu’importe votre regard quand mes pensées content.
Effeuiller un à un les pétales de la fleur,
Deviner ça et là des bribes de crève-cœur,
Souffler sur les larmes pour en faire la rosée,
Et sourire au printemps qui la fait briller.
A trop avoir connu les échos des mains fortes,
On fini par douter quand ça frappe à l’aorte,
Que les orages reviennent et que le vent l’emporte,
Ces souffrances seront bien quand elles seront mortes.
Me jeter à ses pieds pour y goûter la fleur,
Et sentir sous ma peau comme une graine de bonheur,
De ma sève en fusion dessiner les contours,
Etre heureux un instant si c’est pas pour toujours.
Epissétout. :)
A la demande générale...
Alors voilà, ce soir, c'est pestacle, et avec deux trublions de la gaudriole, je m'en vais faire un pot-pourri de conneries diverses et avariées sur scène, parmi lesquelles, cette petite chanson, inévitable...
Tu me dis que leurs vies ne valent pas grand-chose
Que les tests ADN, c’est une idée grandiose,
Tu me dis que les noirs sont mieux dans leurs pays,
Les mettre dans un avion c’est déjà bien gentil.
Pourtant quelqu’un m’a dit que t’étais un facho
C’est quelqu’un qui m’a dit que t’étais un facho,
C’est pas possible hein non ?
Tu me dis qu’les artistes sont des bons à rien,
Que les intermittents, devraient y’en avoir moins,
Mais moi c’est pas pareil je suis ton p’tit mannequin,
Et quand tu tends les bras, tu peux m’toucher les seins,
Pourtant quelqu’un m’a dit que t’étais pas bien haut,
C’est quelqu’un qui m’a dit que t’étais un bien haut,
C’est pas possible hein non ?
Tu me dis que des tentes sur une place à Paris,
Ca fait pour les anglais des photos pas jolies,
Tu me dis que l’argent doit venir jusqu’ici,
Qu’importe son odeur même si kadafi.
Pourtant quelqu’un m’a dit que t’étais un salaud,
C’est quelqu’un qui m’a dit que t’étais un salaud,
C’est pas possible hein non ?
Tu me dis qu’Cécilia, elle était bien gentille,
Mais avait l’air d’une cruche sur ses talons aiguilles,
Tu me dis qu’c’est pas grave d’avoir voter Royal,
Parce que l’intégrité c’est pas c’qui’a d’capital
Pourtant quelqu’un m’a dit que t’étais un bobo,
C’est quelqu’un qui m’a dit que t’étais un bobo,
C’est pas possible hein non ?
Et si j’te dis qu’ensemble tout devient possible,
Et même si en photo ça en devient risible,
Faudra la trafiquer comme avec george Bush
Je te ferais cadeau de mes petits frais d’bouche.
Pourtant quelqu’un m’a dit que t’étais un nabot,
C’est quelqu’un qui m’a dit que t’étais un nabot,
C’est pas possible hein non ?
Hier, je l’avoue, j’étais absorbé en entier par mon écran. Je fusionnais avec lui au point que mon corps, lui-même, commençait à se pixelliser. Et pourtant j’ai bien senti une odeur suspecte et étrange. Coup d’œil inquisiteur à l’halogène, pas de présomption d’innocence pour les luminaires. C’est que celui-ci est devenu un repère, un rdv des papillons de nuit suicidaires. Régulièrement, l’un d’entre eux vient se cramer les ailes et le reste dans l’incandescence de l’ampoule. Et la crémation embaume tout le salon. Sauf qu’hier, ça sentait fort, beaucoup, de plus en plus. J’ai pensé alors qu’il devait s’agir d’une chauve souris. Mais l’odeur persistait, et j’imaginais déjà les gros titres de la presse people « Batman, se suicide à Lille »…
Il m’a fallut du temps pour comprendre que ça brûlait ailleurs que dans les cœurs. Absorbé, concentré, enivré, je n’ai rien vu venir, quand soudain, le bruit reconnaissable d’un disjoncteur qui saute suivi d’une extinction générale des feux dans un déclin sonore pathétique qui doit s’écrire : « Vooooouuuuu…. », s’est fait entendre.
Noir total, je survie grâce à la lumière du portable passé sur batterie. La connexion internet, elle, a mourut avec la panne. Mon statut de super-héros associé à mon charisme de saucisse, me pousse à rejeter au loin la panique qui s’emparerait de n’importe quel être humain entrant dans la catégorie des gens normaux. Privé du sens de la vue, je démarre alors mon enquête olfactive sur fond de « Who ». Je crois flairer une piste du côté de ce fumier d’halogène. Je me jette à son pied, le débranche furieusement et lui récite ses droits. Il décide de garder le silence, je réenclenche le disjoncteur, sûr et fier de moi. Mais celui-ci retourne aussi sec du « I » au « O », en me regardant, la moue moqueuse, semblant me dire « tsss… tsss… même joueur joue encore… ».
Je continue mes investigations olfactives, armé de mon téléphone portable comme seul source lumineuse. Je fouine les prises à tâtons. La piste odorante me fait entrer dans la cuisine, je pousse la porte de la cave et dans le faisceau lumineux de ma lampe de fortune, je distingue une épaisse fumée blanche émanant de la dite cave. N’habitant pas au dessus du vatican, j’exclu l’idée qu’un nouveau pape est appelé à régner. N’écoutant que mon courage, je m’enfonce lentement dans cette épaisse brume odorante. Marche après marche, au bord de la suffocation, je me dirige vers l’incendie, le grand incendie. La Machine à laver est en train de fondre, son plastique blanc est devenu noir, elle suffoque, agonise, j’abrège ses souffrances et en hommage à vincent imbert, je la débranche. Elle est décédée. L’enterrement aura lieu dimanche, pas de fleurs ni couronnes. Je remonte les marches de la cave en héros et enclenche le disjoncteur, qui soulagé, reste en position « I », la lumière revient, alléluia, et avec elle je me rend compte que la maison est bien envahie de fumée, j’aère, j’ai froid, le lave-linge est mort, victime innocente du réchauffement climatique de ma cave. Adieu machine, j’oublierai jamais comme tu lavais bien.
Dans un style lapidaire,
Sous les lampadaires,
J'ai creusé la terre,
Pour trouver un vers.
S'en est fallut de peu,
Que j'en trouve un mieux,
Quand au fond du trou,
Je l'ai vu, je l'avoue,
Juste autour du cou.
C'est rien, mais c'est tout.
Et pis j’ai même pas envie d’en parler tiens.
Nous avons des valeurs ! Laissez moi rire.
C’est l’histoire d’une petite association œuvrant dans la culture musicale. Une structure en dépôt de bilan qui tente tant bien que mal de survivre. Elle a besoin d’aide pour se relancer, besoin d’épaules, de bras, de coups de pouce.
J’en suis ! Le deal est le suivant, ça démarre dur, pas de budget mais beaucoup d’envies, des désirs plus gros que le porte-monnaie. Vous voulez un site, 5 programmes couleurs en papier glacé à l’année, des affiches, des flyers ? Pas de soucis je vous les fais. Les prix sont minuscules mais le travail est énorme et de qualité. C’est beau une promesse. Alors ils me promettent d’augmenter le budget alloué à ces artifices de la communication à chaque fois que c’est possible. Tu travailles dur pour presque rien au début mais ensuite, je te promets que nous saurons nous en souvenir… Le fric efface la mémoire. Voilà qu’on trouve au bout d’un an et demi de dur labeur aux « briefs » plus qu’approximatifs, une grosse réserve d’argent inexploité. On va le filer à notre gentil graphiste et sa minuscule structure qui ne tient qu’à un fil ! On va enfin pouvoir le payer « normalement » et tenir nos promesses ! Et bien non. On contacte une agence pour refaire le site internet avec des tas de développements informatiques. Surprise, l’agence susnommée se propose aussi, dans la fouler de réaliser les documents papiers à l’année… Alors nous n’avons plus qu’à remercier le gentil et naïf petit graphiste qui nous a permis de nous remettre en scelle. La porte est là.
En sortant, je m’essuie les pieds sur leurs beaux discours : nous préférerons travailler avec des gens comme toi qui ont une sensibilité musicale et culturelle plutôt qu’une agence distante et froide, une usine à concepts.
Je dois avouer que j’ai un peu mal au cul, là. Trahison, confiance piétinée, j’ai eu tort de croire qu’on pouvait mettre autre chose que du business dans les relations professionnelles. Je vous invite à aller gentiment vous faire foutre. Et puis je dois être vraiment con, mais j’y crois encore.
Nous voilà sur le parvis où parviennent à se pavaner quelques parvenus. Habillés comme les jours de fête tout en oubliant la cravate et le nœud-pap parce que ce n'est pas un enterrement. Quoique… Aujourd'hui on pousse des deux mains une petites filles dans le grand bain bouillonnant et vaseux de la religion. On ne t'a pas demandé ton avis, de toute façon tu ne sais pas parler. Tu te demandes ce que tu fous là à fouler les saintes pierres du parvis de cette chapelle décrépie, habillée comme une poupée de porcelaine, un blanc immaculé, habillée de la pureté, mails l'habit ne fait pas le moine, au mieux, l'habit affine.
C'est l'heure, la musique retentit du fond de la nef. Déjà j'explose intérieurement. Que la musique provienne d'un ordinateur portable aux chromes tellement anachroniques dans cette chapelle est une chose, mais que le son choisi par tes parents soit celui là… Combien d'année de psychanalyse faut-il pour effacer de sa mémoire une entrée dans le royaume de Dieu sur fond de Pascal Obispo… ? Et le prêtre avec sa coupe de prêtre, son sourire béat de prêtre, ses chaussures de prêtres qui reprend faussement « L'important c'est d'aimer… L'important c'est d'y croire… » Oui, c'est ça, y croire… « Sans s'en apercevoir… » Surtout ne pas penser, mais croire.
Nous voilà donc face à l'autel, près pour le sacrifice. La chanson du pseudo Christophe n'en finit plus. C'est long. Ca fredonne dans la chapelle. Et moi je sens naître de noirs désirs en moi.
Le prêtre apprécie, il sourit aussi bêtement que ses zygomatiques le lui permettent. Il est touché. Touché par la grâce. Illuminé, complètement. Il y croit à la croix. Il est habité par Dieu, cela ne fait aucun doute. Mes yeux s'attardent sur ses pieds. Il porte des sandalettes… au dessus de ses chaussettes… Tu es parfait Prêtre Dufour, ne change rien. Sous ses cheveux courts et gris, il part dans d'étranges diatribes difficile à suivre en fermant les yeux pour mieux se laisser porter par la transe. Au cœur de son débit, un aveu surprenant, paraphrasant Karl Marx (big up Karl) : « La religion c'est l'opium du peuple »… SIC, IN EXTENSO, en français dans le texte… Incroyable mais vrai.
Et c'est parti pour les salamalèques, les arabesques étranges dessinées du
bout des doigts, le protocole, les rites cérémoniaux, la sorcellerie à base
d'eau bénite…
Et les chants de messe, ah les chants de messe ! « Qu'il est
formidable d'aimer, qu'il est formidable… » Va dire ça à l'amoureux transit qui
regarde les portes s'écrasait sur la tronche, va dire ça à l'amant trompé qui se
tient sur le bord de ce pont au dessus du Periph est…
On enchaîne avec un moment qui s'appelle joyeusement « La renonciation au mal
», c'est écrit en toutes lettres dans le livret façonné sur un photoshop
piraté.
« Pour vivre dans la liberté des enfants de dieu, rejetez-vous le
péché ? Pour échapper au pouvoir du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ?
Pour suivre Jésus Christ, rejetez vous Santan qui est l'aiteur (SIC !) du péché
? »… Et nous sommes censé suivre le livret et répondre « Oui je le rejette »… Et
moi qui pense : « Heu… Il faut répondre franchement là ? Non parce que, renoncer
au péché, à la luxure, à l'ivresse, à la folie, à l'amour débridé, aux seins des
femmes, et la paresse, aux étoiles qui brillent pour un rien… » Hors de question
! Et me voilà à fredonner le texte de Ferré : « Thank You Satan* »,
« Pour
le péché que tu fais naître, Au sein des plus raides vertus
Et pour l'ennui
qui va paraître, Au coin des lits où tu n'es plus
Pour les ballots que tu
fais paître, Dans le pré comme des moutons
Pour ton honneur à ne paraître,
Jamais à la télévision… Thank You Satan !»
Pire encore, s'en suit la « Profession de foi » où on nous demande « sans s'en apercevoir » de répondre « oui je le crois » à « Croyez vous en Dieu le père tout-puissant créateur du ciel et de la terre ? » Heu… faut encore répondre franchement là ? « Croyez-vous en JC, son fils unique, notre seigneur, qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour, est ressuscité des morts, est monté aux cieux, et qui est assis à la droite du père ? » Heu… ben on n'a pas le choix là, faut répondre oui à tout ? Comme à la constitution Européenne ? Ben là… Qu'il soit assis à la droite du père, une bière à la main à se gratter les couilles en n'en foutant pas une, ça je veux bien le croire… pour le reste…. Mais je pense, je pense et ce n'est pas fini : « Croyez vous en l'esprit saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair et à la vie éternelle ? » Aaah le fameux pardon des péchés ! On y revient… La résurrection de la chair, ça… On n'a vu souvent un bout de chair qu'on croyait mort revenir à la vie… Hrm, je m'égare…
Bref, voilà que la poupée de porcelaine se voit balancer dans le vide abyssal au dessus d'un récipient de cuivre et qu'on lui verse sur la tronche de l'eau glacée… Au moins en enfer, l'eau est chaude. L'enfant hurle. Et ouais, tu t'es fait avoir ma grosse… sans t'en apercevoir. Et voilà la pathétique image de ces grands couillons le cierge allumé à la main…
Le « Notre père » n'a que peu d'écho dans la chapelle à moitié vide… Par contre, on fini encore en musique avec le générique « Maya l'abeille », et là, ça chante ! C'est que la petite baptisée s'appelle Maïa… D'ailleurs, ce fut l'objet de nombreuses métaphores douteuses du prêtre en sandalette dont l'improbable « Butiner Jésus »…. Je commence à comprendre l'amour de ce prêtre pour ce bel éphèbe vêtu d'un simple drap, laissant apparaître ses côtes saillantes, ses épaules dénudées où s'échoient ses longs cheveux soyeux…
Et voilà, c'est fait, elle est entrée au royaume de Dieu. Maintenant elle peut faire de sa vie un péché géant. Que la fête commence au milieu des bulles d'un champagne de supermarché.
Hmmm… que de blasphèmes dans ce texte… Allez, on se retrouve en enfer…
(récit pour K - septembre 07)